Arrivée en Terre de Feu

2 novembre 2017, nous nous envolons pour Ushuaia depuis Buenos Aires. Nous disons adieu à cette jolie capitale argentine ; ainsi qu’aux 25° C affichés par le thermomètre de notre chaleureux « hostal ». Après 4 heures d’avion, nous posons nos premiers pieds sur la Terre de Feu. Premiers ressentis : il fait froid, le soleil a disparu pour laisser place au vent (glacial), la nature est belle, les montagnes enneigées et le canal de Beagle bordant Ushuaia nous hypnotisent déjà ! Nous montons dans un taxi pour rejoindre notre auberge « Hostel Cruz del Sur » ; notre chauffeur est adorable et s’improvise comme guide, nous conseillant les meilleures balades à réaliser dans la région. A peine les sacs déposés à l’auberge, que nous nous lançons dans une ascension jusqu’au glacier Martial. La randonnée part d’Ushuaia, et arrive jusqu’au glacier, qui surplombe la ville.

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Bien arrivés en Terre de Feu !
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Vue sur Ushuaia depuis le glacier Martial
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Nos premiers pas dans la neige

Depuis que nous sommes arrivés à Ushuaia, nous n’avons qu’une idée en tête, aller encore plus au sud ; nous avons entendu beaucoup de bien du village de Puerto Williams (île de Navarino), côté chilien, de l’autre côté du canal de Beagle. L’atmosphère y est paraît-il plus authentique qu’à Ushuaia, et les séjours sur cette île marqueraient particulièrement les esprits de ceux qui oseraient s’y aventurer ! Ni une ni deux, nous nous rendons au port pour réserver notre traversée pour le lendemain matin.

Une traversée riche en émotions

Au réveil, nous sommes tout excités, nous n’avons qu’une hâte, prendre le bateau pour rejoindre Puerto Williams. Nous nous rendons donc à l’embarcadère pour passer la douane, et quitter le sol argentin. Nous rencontrons un couple italiano-néerlandais fort sympathique avec qui nous passerons l’ensemble de la traversée. Le temps est déchainé, il pleut, le vent souffle, et les vagues sont monstrueuses. La traversée de 30 minutes s’apparente davantage à des montagnes russes qu’à une croisière paisible sur l’eau. Un peu secoués, nous posons le pied sur le territoire chilien, où un bus nous attend pour nous acheminer jusqu’au village, à quelques dizaines de kilomètres de là. L’unique route de l’île longe la côte, les paysages sont magnifiques. On ressent pleinement la force de la nature, la côte est déchiquetée, de nombreux arbres jonchent le sol. Les oiseaux sont rois. Après 1h30 de trajet, nous arrivons entiers, et en forme, à Puerto Williams.

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Tout sourire avant le départ et les secousses !
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Arrivés à bon port sur l’île de Navarino
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Les paysages côtiers traversés sont à couper le souffle
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On admire tout ça depuis le bus

Pusaki : l’auberge espagnole française !

Ce petit village de 3000 habitants ne laisse pas indifférent. En effet, la plupart des chiliens qui y vivent sont militaires – près de 75% des habitants. Les drapeaux aux couleurs du Chili flottent fièrement devant les pavillons qui se succèdent dans un alignement parfait. Nous frappons à la porte de la première auberge que nous croisons, Pusaki, et nous sommes d’emblée enthousiasmés par l’accueil de Gonzalo, un jeune chilien qui travaille pour la propriétaire des lieux, Pati ; et l’ambiance chalet et familiale de cette auberge tout de bois conçue ! Gonzalo comprend très bien le français ; les touristes de passage dans l’auberge sont pour la plupart français ; c’est le cas des 3 occupants des lieux à notre arrivée, Martin, jeune aventurier tombé amoureux de l’île qui l’explore de long en large depuis déjà 2 semaines ; et David et Lili un couple de routard, en vadrouille depuis bientôt deux ans à travers notre belle planète. Nous échangeons longuement sur nos aventures respectives, et nous nous faisons conseiller sur les activités à faire dans les environs : du vélo le long de la côte, un trek (difficile) de 5 jours  « los dientes de Navarino ». Les échanges sur le trek sont passionnés, on sent qu’il les a tous les 3 particulièrement marqué. Nous avons hâte de nous retrouver dans cette nature primaire et sauvage, bien que le froid et les conditions difficiles (neige, sentier peu marqué, arbres bloquant les passages,…) de la randonnée décrites par nos 3 acolytes nous fassent appréhender un peu. Nous décidons de partir pour 1 jour de vélo, et « seulement » 2 jours de randonnée sur ce trek difficile.

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Petite pause vélo pour admirer les nombreux oiseaux de l’île

2 jours de randonnée sur les sentiers du trek « los dientes de Navarino »

N’ayant pas d’équipement, nous passons au loueur du village pour prendre une tente, des sacs de couchage et tapis de sol, ainsi que deux paires de bâtons de randonnée. Fin prêts, nous attaquons la première journée par le premier tronçon jusqu’à une cascade marquant l’entrée dans le par et le départ officiel du trek. 1 heure d’ « approche » facile, histoire de se mettre en jambe ! Le deuxième tronçon est un peu plus pentu, nous gravissons les 400 mètres de dénivelé qui nous séparent du Cerro Bandera en une petite heure. Le soleil est au rendez-vous, et la vue au sommet sur le village, le canal de Beagle, et les montagnes enneigées sur la rive Argentine est à couper le souffle.

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Vue depuis le Cerro Bandera

Un spot idéal pour effectuer notre première pause pique-nique. Nous repartons ensuite pour le troisième et dernier tronçon de la journée, jusqu’à la laguna de Salto. En temps normal, celui-ci s’effectue en 2 heures, mais avec les conditions du moment, on nous avait indiqué que cela risquait de nous prendre plus de temps. En effet, nous avons mis près de 4 heures pour y arriver, en raison des nombreuses portions de neige à traverser, et d’un parcours particulièrement glissant, à flan de montagne (une chute peut vite faire beaucoup de dégâts). La laguna est gelée, entourée de neige. Nous trouvons néanmoins un petit coin de terre pour installer le campement et allumer un feu pour nous réchauffer et faire sécher tant bien que mal nos affaires trempées de la journée. Le soleil couché, le froid tombe très vite, nous ne faisons pas long feu. Nous nous engouffrons sous la tente pour une rapide partie de cartes puis dodo !

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Sur le chemin vers la laguna del Salto, avec en arrière plan « los Dientes de Navarino »
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Un petit coin de « verdure » pour planter la tente
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Ouf… ça réchauffe…

Réveil matinal, après une bonne nuit de sommeil ; finalement les sacs de couchage nous auront bien maintenu au chaud. Nous décidons de rentrer par la vallée, en suivant une rivière passant dans la forêt. Contrairement à la veille, le chemin est moins bien balisé, nous le perdons à plusieurs reprises, mais réussissons à le retrouver sans trop de difficulté. Il est difficile d’avancer puisque de nombreux arbres recouvrent le chemin, ainsi que des marécages. La fonte des neiges a inondé une bonne partie du sentier. Nous essayons un maximum d’éviter l’eau, ce qui nous fait faire des nombreux détours. Nous mettrons finalement 4 heures à rejoindre l’entrée du parc, mais sous ces conditions, ces 4 heures nous en auront semblées le double. La dernière heure qui nous sépare du village est un jeu d’enfants à côté du reste. Nous arrivons à l’auberge contents de pouvoir se réchauffer et se reposer.

Nous repartons de Puerto Williams et de l’île Navarino le lendemain en ferry, direction Punta Arenas. Nous n’aurons pas dérogé à la règle : pour nous aussi, le passage sur cette île nous aura profondément marqué…

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